Et demain le désespoir et l'immense bonheur…

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4 mois avaient passés et pourtant, mes souvenirs étaient encore précis. Mes longues nuits d’insomnies contribuaient à affûter ma mémoire, et le temps qui permettait à d’autres d’oublier, me forçait, au contraire, à me remémorer ces moments de joies jamais retrouvées.

Le choc avait été grand et me frappait en plein coeur d’une manière déconcertante. Tel un soleil venant perturber une nuit paisible, la lumière aveuglante du passé venait obscurcir mes pensées. Elle les transformait alors en un fouillis de souvenirs dont la noirceur de mon âme se nourrissait avec animosité – et il s’en donnait à coeur joie.

Il n’y avait rien à réparer puisque j’étais le jouet brisé dont le propriétaire – moi même – avait décidé d’abandonner la partie, trouvant le jeu trop difficile, en laissant de côté les quelques morceaux qu’il n’avait pas encore réussi à détruire.

Néanmoins. Aussi pathétique que je fus, la présence des quelques bras dans lesquelles j’avais pu être pris m’avait permis d’affronter les ruines qu’on avait laissé devant moi. Mes drogues douces, en soi, avec lesquelles je pouvais faire semblant de ne rien voir et de ce fait, être aveugle devant une solitude qui ne faisait qu’attendre que j’ouvre les yeux pour venir me tourmenter. Étant enfant, on a tous supplié nos parents de nous lire une autre histoire afin de prolonger un peu l’émerveillement que nous prodiguait ces contes de fée; c’est ce que je tentais gauchement de reproduire dans ma vie, sachant pertinemment que mon effort était futile et insignifiant. C’était un geste puéril et irresponsable pour refuser de souffrir, pour me maintenir dans l’illusion la plus totale et oublier le fait qu’elle m’avait abandonné.

Le cri stridant du réveil, cepandant, me ramena à la réalité.

A suivre

Je n’ai que trois chaises,

Une pour la solitude

Deux pour l’amitié

Trois pour la société

Walden, Thoreau

[...] Ce qui m’a indiqué la vraie méthode, c’est la question de savoir ce qu’ont  à signifier au juste, du point de vue étymologique, les expressions du « bon » dans les diverses langues : j’ai trouvé qu’ils renvoient tous à la même transformation des concepts, que partout « distingué », « noble », au sens du rang social, est le concept fondamental d’où naissent et se développent nécessairement les idées de « bon » au sens d’ « âme suprérieure » et de   »privilégiée ». Cette évolution se fait parallélement à celle qui finit par transformer l’idée de « commun », « populacier », « bas » à celle du « mauvais » [...]

Nietzsche, La généalogie de la morale

Bien que n’étant pas croyant, je trouve les versets de la Bible emplis de poésie…

L’Eternel dit à Satan: As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur la terre; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal…

1:8 [livre de Job]

Qu’allons nous devenir si nous dépérissons ainsi dans nos « meilleures années » ? Le destin veut-il nous ménager une belle vieillesse parce que celle-ci colle plus naturellement à notre manière de penser, comme une peau saine?

Friedrich Nietzsche, Lettre à Paul Rée,

20 octobre 1878

Joyeux Noël à tous !

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